samedi 29 novembre 2008

Grosse frayeur en rafting

25 novembre:
Apres 2h de bus, on arrive au point de depart du rafting. On est rejoint par 3 jeunes Australiens au look improbable. Puis arrivent Paul et Victoria, un couple d'Anglais d’une soixantaine d’annees.
Au vu du commentaire du Lonely Planet, de cet equipage heteroclite et de l’absence de combinaisons (on est en short – T-shirt sous nos gilets de sauvetage), on s’attend a une descente plutot paisible. Neanmoins, le briefing est tres complet et va jusqu’a: comment retourner seul le raft si le guide est a l’eau! Cela inquiete Victoria. On la rassure en lui disant que ce sont les consignes de securite habituelles (comme dans un avion), mais que cela n’arrive jamais!On embarque donc et les premiers rapides ne sont pas si calmes que ca… Les Australiens lancent des ouh-ouh a chaque fois qu’une vague glacee recouvre le raft. Ils rappellent a Christophe ses expeditions avec ses potes ou ses freres… Mais la, c’est different! Il se sent moins a l’aise. En effet, l’equipage n’est pas synchronise, les Australiens arretent souvent de pagayer dans les moments importants, le raft ne prend pas toujours la trajectoire optimale, le guide ne semble pas maitre de la situation…
Puis, pause pique-nique tres sympa sur une plage. Le guide explique a Victoria que les rapides les plus violents sont a venir, et qu’elle peut soit continuer, soit terminer en Jeep. Vaillante, elle continue, ce qui rassure Isa.On reprend la riviere. Peu avant la fin, le guide nous explique qu’il va y avoir 3 rapides rapproches. Le premier se passe bien, mais dans le 2eme (le plus tumultueux), il en est tout autrement…
Dans les deux recits ci-dessous, vous pouvez choisir de suivre la suite de l’aventure du point de vue de Christophe, ou du point de vue d’Isa (pas si differents finalement…) :

“Quand je vois arriver le mur d’eau de 2 a 3 metres de haut, je comprends tout de suite qu’on ne passera pas.
En effet, le raft pique du nez dans le creux precedent l’immense vague, puis remonte brusquement jusqu’a la verticale et bascule en arriere.
Je me laisse vite tomber du raft, afin d’eviter les coups de pieds, de casques, ou de pagaies.
S’en suit un blackout complet de quelques secondes. Ai-je touché quelqu’un? Suis-je reste longtemps sous l’eau? Je n’en sais rien!
Je me retrouve alors bringuebale dans le torrent demonte. L’eau avoisine les 10 degres, je n’ai pas de combi, mais je ne ressens meme plus le froid.
Je recherche immediatement le visage d’Isa parmi mes 8 coequipiers se debattant dans l’eau en furie. Je vois d’abord les yeux de Paul qui, malgre son aplomb et son charisme naturel, semble terrifie et impuissant en voyant deriver Victoria a plus de 20 metres de lui.
Apres 2 secondes (qui m’ont paru durer une eternite), je vois enfin Isa. Le regard empli de peur, elle est malmenee par les vagues et manifestement, son gilet ne la porte pas suffisamment. Elle semble en detresse respiratoire.
Je nage de toutes mes forces pendant pres de 30 secondes pour combler les deux petits metres qui me separent d’elle. Je lui prend la main, puis le gilet pour lui maintenir la tete hors de l’eau. Dans les tourbillons qui suivent, on est parfois attire vers le fond.
Enfin, le rapide se calme. L’eau s’aplatit, mais le courant reste fort. 50 metres en amont, dans le raft, on est en train de repecher Victoria. En aval, le rapide suivant se profile deja.
J’essaie une seconde de nager perpendiculairement jusqu’au bord en tenant Isa… Illusoire! Il faut se preparer a passer le rapide suivant dans l’eau…
Je serre hyper fort la main d’Isa qui, paniquee, voulait lacher la mienne. J’essaie de la rassurer, ni convaincu, ni convaincant.
On adopte la position adequate: pieds en aval, proches de la surface pour eviter qu’ils ne se prennent entre deux rochers. On est fortement ballote, mais ce passage se passe etonnement bien.
Puis l’eau se calme, le raft se rapproche, on est sauve!”
ChristophePhoto prise en sortant de la riviere, après les derniers rapides. A titre de comparaison (pour David et Libania), des creux plus profonds que dans le passage du velodrome du Doron de Bozel, mais heureusement, plus espaces, et moins de continuite sur l’ensemble de la riviere.

“Je vois l’avant du raft passer par dessus ma tete. Je suis projetee en arriere. Quand je ressors enfin la tete de l’eau, je suis incapable de respirer. Je vois Victoria emerger de sous le raft. Je croise le regard terrifie de Paul avant de trouver celui de Christophe. Je suffoque. Il le voit et je lis la peur dans ses yeux. Un fort spasme libere ma gorge de l’eau qui l’obstrue et je peux enfin happer un peu d’air. Christophe lutte pour nager vers moi. On se sent engloutis par l’eau qui tourbillonne. Je me fais submerger a chaque nouvelle vague. J’aspire plus d’eau que d’air. J’etouffe. Christophe attrape ma main et me tire par le gilet pour maintenir mon visage hors de l’eau. On est emporte par les flots. J’entends hurler Victoria.
Plus haut, les autres ont recupere le raft. Plus bas, un nouveau rapide se dessine. Christophe me dit qu’on va devoir le passer hors bateau. Je n’ai pas encore repris mon souffle. J’etouffe. Je continue a tousser et a cracher. Je lui dis que c’est impossible, que j’ai besoin d’un appui, mais je vois bien que les bords sont trop loins et le courant trop fort. Plus haut, le raft est occupe a repecher Victoria.
Christophe serre toujours ma main dans la sienne. Il me dit qu’il m’aime et que ca va aller. J’essaie de me calmer et de respirer au mieux avant les remouds.
Nouveau rapide, nouvelles tasses. Je suis epuisee, je veux que ca s’arrete. Enfin, l’eau redevient plate. On a reussi. Le raft peut s’approcher. On me dit de tenir la corde et on me hisse dans le bateau.”

Isa

A peine le temps de recuperer les pagaies qui derivent dans le courant, le raft arrive dans un ultime rapide. Les larmes aux yeux, Isa pagaie en mode automatique, reconfortee par Paul, tres paternel. Christophe l’encourage du regard depuis sa nouvelle place, a l’avant du raft.
3 minutes plus tard, on quitte enfin cette fichue riviere. Sur la berge, on tombe dans les bras l’un de l’autre, epuises physiquement et moralement. On realise a quel point cela aurait pu mal tourner. On se jure d’etre encore plus prudents a l’avenir.
Meme le guide est un peu secoue: c’est la premiere fois qu’il se retourne en 6 ans!
On recupere nos affaires, sauf le baton de sherpa de Christophe qui n’a pas suivi :-(.
Paul et Victoria ont un transfert organise en taxi.
On les retrouvera au Chitwan National Park pour un souper tous les 4. Nous, on attend notre bus. On realise bientot qu’aucun transfert n’est prevu pour nous et que notre guide fait betement du stop. Heureusement, les routiers sont sympas! S’en suit le trajet le plus surrealiste de notre vie: on s’entasse tous les 5, morts de rire sur la banquette arriere de la cabine d’un semi-remorque. Nos sacs sont ficeles sur la plateforme arriere. Notre chauffeur chante a tue-tete un refrain nepalais. On l’accompagne en riant, sifflant, chantant, et tapant sur un djembe… Le tout sur une piste defoncee et de nuit… On avait bien besoin de decompresser!

mercredi 26 novembre 2008

De Pokhara a la vallee de Kathmandou.

18 novembre:
Journee de retablissement: lessive et repos. Le soir, on tombe nez a nez avec Daniel et Jakob... dans le couloir de notre hotel ! Quelle coincidence !

19 novembre :
Petit-dej a l’emporter de notre boulangerie preferee pour une balade sur les sentiers de l’autre cote du lac.

Quand le chemin devient flou et les types un peu louches, on decide de faire demi-tour.
Ensuite shopping : pantalon a la mode locale (hyper bouffant) pour Isa, et T-shirt brode sur mesure pour Christophe. L’artisan coud l’inscription « Thorung Pass 5416m » avec une dexterite impressionnante. Isa a une pensee pour la super machine de Coco.


20 novembre :
Depart a l’aube pour prendre un bus touristique pour Kathmandou.

Vu notre calvaire du 2 novembre, on a prefere renoncer a la lenteur des bus publics. Arrivee prevue a 14h. A 15h, Kathmandou est en vue, plus que 10km. S’en suit un interminable bouchon lie a une manifestation. On arrive finalement a 21h, apres avoir hesite plus d’une fois a quitter le bus pour finir a pied ! Point positif de l’aventure : on en a profite pour faire connaissance avec Elise et David, un jeune couple de vaudois. Ca fait du bien de refaire le monde entre romands !


21 novembre :
Journee d’acclimatation dans Kathmandou, qui nous rappelle plus Dehli que Pokhara : pollution, frequentes pannes de courant, douches glacees, bruit incessant, stress permanant !

On ne va pas s’y attarder...
Grace a un itineraire de balade propose par le Lonely Planet, on decouvre quelques arrieres-cours reposantes sur le chemin de Durbar square. La, on decouvre enfin un peu d’espace entre la quinzaine de temples qui s’y dressent. Pour echapper aux mendiants et autres rabatteurs, on s’installe au sommet d’un temple pour observer tranquillement la vie en contrebas.Le soir dans Thamel, quartier (trop) touristique, ambiance hard rock et cabarets, on croise David et Elise. On echange des infos Tanzanie vs Australie autour d’un verre, puis d’un souper. On papote longuement dans un bon resto italien : on se croirait presque a la maison !


22 novembre :
On laisse nos gros sacs en depot a l’hotel et on file, avec le strict minimum, a Bhaktapur. Apres 45min de bus (horaire tenu !) on debarque dans une magnifique cite medievale. Les voitures sont interdites. Ca fait du bien de flaner dans les ruelles.

On decouvre d'etranges gravures sur les temples. Seule ombre au tableau : la taxe d’entree exhorbitante. On passe du quartier des pottiers au temple de Nyatapola avant de finir la journee aupres du Siddha Pokhari. Il semble que ce bassin soit le rendez-vous des locaux le samedi apres-midi. Des familles entieres nourissent les poissons. On est les seuls touristes et l’ambiance est agreable.En fin de journee, on monte sur le toit de notre petite pensoin qui offre une vue magnifique, surplombant la ville.


23 novembre :
On se leve a l’aube pour assister au lever du soleil depuis notre toit terrasse.

Pas de chance, c’est trop brumeux pour apercevoir l’Himalaya. A 10h, on quitte la ville pour une marche jusqu’au temple de Changu Narayan. La campagne est belle, la temperature agreable. On est invite a boire un the nepalais dans une petite echoppe. A midi, on arrive au temple, classe au patrimoine mondial de l’UNESCO, et garde par 2 griffons ( !). On y assiste a des rituels d’offrande. Diner puis suite de la balade. On longe une jolie crete jusqu’au petit village de Tharkot. De la, on prend le premier bus venant de Bhaktapur qui monte a Nagarkot. Il est tellement bonde qu’on s’offre notre premier trajet de vrais Nepalais : sur le toit ! On est une vingtaine entasses sur le porte-bagages...A Nagarkot (2175m), connu pour ses levers de soleil sur l’Himalaya, on trouve une chambre avec une vue magnifique. Cependant, c’est toujours brumeux. Isa negocie donc un rabais special en cas de brouillard le lendemain. Le dejante gerant se marre et accepte.


24 novembre :
Brume encore plus dense que la veille. Le patron nous fait la ristourne prevue et nous offre meme un the de consolation. Ensuite, bus pour Pathan (dans la peripherie de Kathmandou) pour un nouveau quartier de temples. Toujours aussi beau, mais on commence a connaitre... Serions-nous deja blases ?
Diner, balade et on file retrouver nos affaires dans notre hotel de Kathmandou : demain on part en rafting (aussi rapide et bien plus sur que les bus locaux) en direction du parc national du Chitwan. On espere y croiser le rhino manque en Tanzanie.

mardi 18 novembre 2008

Trekking autour des Annapurnas

Nous voici de retour apres 11 jours de trekking:
Plus de 140km de marche, 5 belles cloques, plus de 7000 metres de denivellation positive, 5500 de descente, quelques courbatures et des paysages a couper le souffle!On n'a toujours pas de reseau sur nos natels. Merci pour vos mails et vos commentaires, toujours bienvenus! (N'oubliez pas de les signer)

4 novembre:
Le soir, on separe les affaires qui nous accompagneront dans le sac de Christophe (oups, de Victor!) de celles qui resteront en plaine dans le sac d'Isa (merci Claire!).Christophe aura donc 20kg sur le dos. Son sac atteint enfin pleinement sa capacite de 90 litres.

5 novembre:
Mauvaise surprise a l'aeroport: notre vol est annule en raison du vent violent. On nous propose de prendre un avion le lendemain. Comme on se sent fin prets, on decide de partir a pied! Le temps d'inverser notre vol Pokhara-Jomsom contre un vol Jomsom-Pokhara le 17, et on saute dans un bus pour Naya Pul, point de depart du sentier. On arrive sur place a 14h et on debute notre expedition par une ballade de 30min jusqu'au village suivant: Birethanti. On utilise directement notre gourde filtrante, precieux cadeau de Max et Olivia.
Notre premiere guesthouse nous coute CHF1.50. Chambre rudimentaire, mais propre et douche chaude: on a bien fait d'octroyer une place a notre mini linge de douche (merci Matthieu!).

6 novembre: J1
Birethanti (1025m) - Ghandruk (1940m)
Denivelle: +915m
Distance: ~12km Duree: ~4h15
Cette fois, mon vieux Milou, nous voila partis! Sur le papier, cette premiere etape s'annonce ardue (cotee en 7h).
On part a 7h. Apres un depart assez tranquille, ca grimpe sec dans les rizieres et le soleil tape fort. On calque notre pas sur celui des sherpas avant de les depasser. Il faut dire qu'ils sont incroyablement charges. Chacun transporte 2 ou 3 enormes sacs de touristes, ou toute sorte de materiel. On peine un peu, mais on arrive sans soucis a destination, bien plus tot que prevu: a 11h10! Repas et repos conclueront la journee. On decide de doubler l'etape du lendemain.

7 novembre: J2
Ghandruk (1940m) - Ghorepani (2860m) via le Deurali Pass (3180m)
Denivelle: +1464m / -544m
Distance: ~15km Duree: ~7h
On part gaillardement vers 7h30 avec un rythme de soldat. A 10h30 on arrive deja a Tadopani, fin de l'etape conseillee. 1h de pause avant de repartir sur Ghorepani: on pense avoir fait la moitie... Les choses se corsent serieusement. Alors que les villages suivants sont notes a la meme altitude, on se retrouve face a une profonde vallee dans laquelle on doit descendre avant de remonter sur l'autre flanc. Apres tant d'heures de marche, la montee suivante, jusqu'au Deurali Pass, semble interminable. On atteint le sommet vers 16h, bien fatigues. Le spectacle en vaut la peine. Magnifique panorama a 360 degres.

On degringole ensuite sur Ghorepani. Christophe termine la journee en boitillant. On seche nos T-shirts pres du poele de la salle a manger. Sa chaleur est bienvenue: la temperature dans les chambres n'atteint pas 10 degres.

8 novembre: J3
Ghorepani (2860m) - Tatopani (1190m) via Poon Hill (3193m)
Denivelle: +353m / -2023m
Distance: ~17km Duree: ~6h15
Reveil a 4h30 pour monter admirer le lever du soleil depuis la pointe de Poon Hill. Attraction super touristique. Nos lampes frontales viennet s'ajouter a la colonne de fourmis qui gravit la pente. L'effort nous rechauffe vite malgre le froid polaire. En redescendant, la cheville de Christophe devient encore plus douloureuse que la veille. Lorsque sa chaussure devient insupportable, il decide de finir la descente sur les confortables chaussettes de trekking offertes par Aline.
On prend le petit-dej a Ghorepani et on arpente le village a la recherche d'une solution. Christophe achete de simples sandales. Tant pis pour le froid et le look (voir photo plus loin), c'est la seule alternative non douloureuse.
A 9h30, apres 300m de denivele dans chaque sens, on entreprend l'etape du jour: on redescend pres de 2000m. On gambade, la cheville de Christophe tient bon, le dos d'Isa aussi.
On arrive a Tatopani fourbus. On dechante en voyant que l'itineraire du trek rejoint une route poussiereuse. On l'evitera tant que possible. L'hotel est un peu crado et malgre la basse altitude, on meurt de froid: on doit etre fatigues!

9 novembre: J4
Tatopani (1190m) - Ghasa (2010m)
Denivelle: +910m / -90m
Distance: ~13km Duree: ~4h
Journee penible: trop froid le matin, trop chaud en marchant, Christophe s'enerve parce qu'il glisse dans ses sandales, Isa se plaint de ses courbatures et de ses cloques, le debut de l'etape est moche...
Petit a petit, les choses s'ameliorent grace a des chutes d'eau magnifiques et a une alternative a la route, en enjambant la riviere par un pont vertigineux. Une pensee pour Nico. Arrives a Ghasa, comme la guesthouse est belle et qu'on se sent fatigues, on envisage d'y passer une journee de repos. Une terrifiante decouverte nous fera changer d'avis: sur le rideau de la salle de bain commune, une minus tarentulus poilus nous montre ses crochets imposants. On en verra 3 autres en regagnant notre chambre... (Pour ne pas troubler la lecture de notre amie arachnophobe, les images sont en post-scriptum, a la fin du message.)

10 novembre: J5
Ghasa (2010m) - Kalopani (2530m)
Denivelle: +520m
Distance: ~7km Duree: ~2h45
Malgre cette nuit difficile (surtout pour Christophe), on reprend la route. On decide de raccourcir l'etape: moins de 3h de marche. A la suite d'un petit incident lors de la traversee de la riviere, on fait une pause pour laisser secher les chaussures d'Isa... A Kalopani, on trouve une guesthouse magnifique: grande chambre lumineuse, salle de bain europeenne, proprete presque helvetique, pas d'araignee, un peu plus cher mais CHF8.-, c'est abordable(!)... Cette fois, c'est sur, on y fera deux jours!11 novembre: J6
Repos a Kalopani
Juste du repos et le plein de calories, le tout en discutant avec le serveur, un ado sympathique qui perfectionne son francais. Plein de rencontres avec d'autres trekkers du monde entier.

12 novembre: J7
Kalopani (2530m) - Marpha (2670m)
Denivelle: +168m / -28m
Distance: ~17km Duree: ~3h45
Depart a 7h, regonfles a bloc. La plupart de nos petites douleurs ont disparu. On marche d'un bon pas, vu le peu de denivellation. Seul le vent violent et froid vient troubler notre facilite dans la derniere heure. Arrivee a Marpha vers midi. C'est un petit village concu pour s'abriter du vent, avec ses ruelles serrees, et ses passages en tunnels.Apres Kalopani, notre guesthouse nous semble bien sale! De plus, elle est geree de A a Z par un mome d'une dizaine d'annees qui s'occupe du livre des comptes tout en donnant des ordres a sa mere en cuisine.

13 novembre: J8
Marpha (2670m) - Kagbeni (2800m)
Denivelle: +130m
Distance: ~15km Duree: ~3h30
Nouvelle etape sans encombre. Le paysage devient de plus en plus desertique. On traverse Jomsom, petite ville au milieu de nulle part, construite le long de son aeroport. C'est la qu'on prendra l'avion pour rentrer.
On progresse dans l'immensite rocailleuse qui fait office de lit a la riviere. A 30min de l'arrivee, Isa calle completement. Est-ce une hypoglycemie ou l'idee de devoir faire ce chemin en sens inverse dans 3 jours? Un farmer et un ragusa seront necessaires pour lui faire rallier Kagbeni.
Pour l'etape du lendemain, on decide d'eviter la piste carrossable en empruntant un sentier a la limite de la zone autorisee. L'acces au territoire de l'upper Mustang necessite en effet un autre permis de trek... a 700$!
Afin de ne pas se tromper, on s'associe a Thomas, un chaleureux Americain de 48ans residant au Kenya, qui semble connaitre le chemin.14 novembre: J9
Kagbeni (2800m) - Muktinath (3800m)
Denivelle: +1100m / -100m
Distance: ~13km Duree: ~4h30
Depart a 7h. On sprinte derriere Thomas, qui grimpe comme un cabri. Le sentier est tres abrupte. Heureusement, il ralentit son rythme, ce qui convient mieux a tout le monde. La vue sur l'upper Mustang est magnifique: un vrai melange de Grand Canyon et de Death Valley, avec 30 degres de moins! On arrive vers 10h30 au village de Jhong. On prend le temps de visiter son monastere. Isa est seduite par les fleurs coupees, nageant dans des bols d'offrande. On reste dans ce hameau pour manger un plat de riz frit vegetariens. Difficile ensuite de repartir pour la derniere heure de marche qui nous separe de Muktinath.
Pour le lendemain, on a le projet un peu fou de monter jusqu'au Thorung La Pass (5416m) et de redescendre. Habituellement, la montee ne se fait jamais depuis la: trop longue et trop difficile. L'arrivee au col se fait normalement par l'autre cote, en partant de 4600m.
Au souper, on s'installe a la table d'un groupe d'Allemands: Daniel, Jakob, Anja et sa maman, Ingrid. Christophe est rassure d'apprendre que les garcons tenteront la meme ascension demain, accompagnes par Ramesh, leur guide et leurs porteurs Uness et Gopal. Les deux femmes en profiteront pour se reposer. Du coup, l'apprehension d'Isa augmente encore: elle a peur d'etre un frein pour cette equipe de sportifs de pointe.
A 3800m, la temperature est glaciale, meme si ca ne gele (tout juste) pas dans les chambres.

15 novembre: J10
Muktinath (3800m) - Thorung La Pass (5416m) - Muktinath (3800m)
Denivelle: +1616m / -1616m
Distance: ~20km Duree: ~6h15
La petite troupe quitte le village a 6h45 en vue de cette longue journee. Isa a decide de tenter l'aventure avec, pour objectif, d'arriver au moins au gite de Charabu (4200m). Les Allemands et leur guide nous distancient rapidement. Isa est en petite forme, apparemment amoindrie par l'altitude et le froid. En traversant une riviere, on croise un groupe de Nepalais qui ont passe le col pendant la nuit. L'un d'eux, sans un mot, fait un immense sourire a Christophe et lui tend son baton de sherpa. Deja tres motive, Christophe se sent pousser des ailes et n'imagine plus renoncer avant le sommet. Pour Isa, c'est toujours la lutte contre les elements: chaque pas est une victoire. Le souffle court et les jambes en coton, elle s'accroche jusqu'a Charabu. Une tasse de the lui redonne courage et elle continue sa lente progression en calquant son pas sur celui de Christophe. A 9h45, alors que Daniel et Jakob ont surement une bonne heure d'avance, Isa decide de s'arreter. On est a 4600m. Son objectif est plus qu'atteint: c'est l'equivalent du plus haut sommet suisse! Elle redescent avec une jeune francaise et son porteur.Il est 10h, Christophe poursuit son ascension avec son baton pour seule compagnie.
11h30, Isa est de retour aupres d'Ingrid et Anja. Au meme moment, a 5200m, Christophe commence a souffrir a son tour de l'altitude. A midi, toujours chausse de ses sandales, il atteint les 5416m, en compagnie de Ramesh, rejoint peu avant le sommet. 45min de pause, puis l'equipe prend le chemin du retour. Christophe, souffrant du genou, choisit de courir et de glisser dans le pierrier, aide par son baton, pour minimiser les chocs. (Petit souvenir d'une descente de Ferrata avec David et Antoine!)
1h40 plus tard, il est de retour au village, 1600m plus bas. Dixit Daniel: "Running to go up, flying to go down!"
Les articulations et les muscles risquent d'etre douloureux demain. De plus, les cloques de Christophe deviennent impressionnantes, malgre l'excellent gel compeed offert par Betty. On decide de s'offrir une ballade a cheval pour l'etape suivante.

16 novembre: J11
Muktinath (3800m) - Jomsom (2720m)
Denivelle: -1080m
Distance: ~17km Duree: ~3h30
Notre monture nous attend a 8h. C'est Isa qui commencera la chevauchee, pas tres reposante dans les villages abruptes. Christophe doit presque courir pour suivre le ryhme de l'animal. A mi-parcours, il monte pour la premiere fois de sa vie sur un cheval... et c'est Isa qui commence a souffrir!A Eklebhatti, on quitte notre destrier et son guide. 2h de marche au plat nous separent encore de Jomsom. Sur place, on confirme notre vol du lendemain et on retrouve les Allemands a la guesthouse pour un nouveau souper tres sympa. Isa deguste le Dal Bhat a la maniere locale.17 novembre:
A 6h15, devant le grillage, on attend l'ouverture de l'aeroport. A 6h30, check-in et verification minutieuse des bagages:
-Just clothes?
-Euh... Yes...
-Ok, go!
1h plus tard, on voit arriver notre avion, un vieux zinc* bringuebalant, vacillant d'une roue sur l'autre. Le vol se passe bien. On a la vue sur les montagnes et le cockpit. Le co-pilote semble detendu: il bouquine... Mais Christophe est terrorise, stresse par sa voisine: une vieille Nepalaise edentee, vautree sur lui, recitant des prieres en s'agitant de toutes parts.
A Pokhara, on voit arriver la piste d'atterrissage a travers la vitre du cockpit: impressionnant!
De l'aeroport a l'hotel, c'est Isa qui porte le gros sac. Christophe doit passer pour un muffle aux yeux des chauffeurs de taxi dont on refuse les services.
Fin de la journee placee sous le signe de la detente. Une excellente pizza nous recompense de cette quinzaine d'efforts.

*Grussgot Zweite!


PS: Voila pourquoi on ne s'est pas attarde a Ghasa! Alors, elles sont dangereuses ou pas celles-la?


Voila un autre specimen frequemment rencontre dans la region...